L'église
L'Église paroissiale de Saint-Préjet.
Son origine :
Ancrée sur la rive gauche du Tarn, l'église date probablement du XIème siècle. Les monastères se développent et les moines défrichent de nombreuses terres jusqu'alors abandonnées, rendant ainsi vie aux communautés paroissiales dont le niveau de vie s'améliore et permet de participer à la construction des églises. L'église est rattachée à l'abbaye Saint Victor de Marseille, comme le prieuré bénédictin voisin du Rozier, dont les moines ont, semble-t-il, bâti notre église. Elle deviendra, au siècle suivant, possession du comte-évêque de Mende, le plus puissant seigneur de la région.
Les règles de construction :
La construction d'une église obéit à des règles religieuses précises, mais aussi à des contraintes géographiques locales.
La dédicace à un martyr de la foi :
L'église est dédiée à un certain Prospectus, Préjet, qui naquit en Auvergne. Il devient évêque de Clermont en 665. Il se signala par des miracles et des fondations de monastères et d'hôpitaux.
Victime de jalousies, le prélat fut l'objet d'un complot près de Volvic. Il fut assassiné d'une façon abjecte, frappé à coups d'épée et achevé en lui fendant le crâne. Comme sur le vitrail central de notre église, St-Préjet est toujours représenté le crâne fendu et portant l'épée et la palme des martyrs.
La construction :
Le monument est de petite taille car l'espace manque. Il est érigé, comme toutes les églises, selon un plan initial très sobre.
D'abord par l'orientation pleine Est de son axe principal, le monument se tourne vers Jérusalem.
Il représente ensuite à plat, le corps crucifié du Christ, la tête étant l'abside circulaire, la courte travée du chœur, le cœur du Christ. Ses bras sont évoqués par deux chapelles qui ébauchent un transept. La nef achève l'évocation du corps mais représente aussi le monde profane. Le chœur d'où s'élance le clocher rappelle l'élévation vers le monde divin. L'église ne possède pas de crypte évoquant les forces maléfiques des anciens cultes païens.
Le monument est typique du premier art roman et se retrouve à l'identique au Rozier et dans ses alentours, avec quelques variantes au niveau de l'abside. Les deux autres chapelles latérales sont des ajouts du milieu du XIXème siècle, au niveau de la troisième travée. Le porche massif date aussi de cette époque.
Une lourde toiture en lauze (pierres calcaires du pays) recouvre la voûte.
Pour compenser son poids, on a édifié des murs très épais, sans fenêtres et par l'emploi d'éléments de support pilastres colonnes ou piliers les soutenant à l'intérieur, tandis que des contres forts épaulent l'édifice à l'extérieur. L'intérieur de l'église est, de fait, particulièrement sombre.
Le portail :
A l'extérieur, façade Ouest, il est constitué par un arc en plein cintre soutenu par deux colonnes portant des chapiteaux sculptés.
Au-dessus, une fenêtre ou baie romane est entourée de colonnettes avec chapiteaux présentant des étoiles et de dents de scie. Elle abrite un vitrail du XIXème siècle représentant Saint Honoré.
L'abside de l'extérieur :
Elle présente des bandes lombardes, sortes d'accents circonflexes qui s'enchaînent les uns aux autres, caractéristiques du premier art roman.
Les arcs regroupés par quatre sont soutenus par des modillons (petits supports placés sous la corniche) sculptés. Ceux de Saint-Préjet représentent des têtes d'hommes, d'animal (un bouc ?), un tonnelet, une aumônière et une rosette...
Le clocher-mur, à une baie, monte du chœur selon un modèle typique de Haute-Auvergne et qui selon l'importance de la paroisse ou du donateur peut être percé de quatre arcades (clocher peigne de Notre-Dame des champs à Mostuéjouls). Il est difficilement datable, car souvent reconstruit.
L'intérieur de l'église :
La nef unique de quatre travées est soutenue par de grands arcs de décharge voûtés en berceau plein cintre, rythmées par des arcs doubleaux retombant sur des pilastres séparant les travées au sud de la nef.
L'abside intérieure est la partie la plus originale de l'édifice. De forme semi-circulaire, elle est couverte d'un cul de four reposant directement sur une arcature formée d'une rangée de cinq arcs en plein cintre qui festonnent la base de la voûte et sont retenus par des colonnettes romanes, posées sur un bahut. Les chapiteaux des colonnettes sont sculptés de feuilles imbriquées d'origine bénédictine, la règle de Saint-Benoît précisant que les motifs humains perturberaient les moines dans leurs prières !
Les trois baies qui éclairent le chœur sont ornées de vitraux de saints Pierre et Paul entourant celui de Saint Préjet. Dans un édifice sombre, elles concentrent seules la lumière divine là où se déroule le culte.
Derrière l'ancien autel du XIXème siècle, l'abside conserve, en arc de cercle, le banc de pierre où s'asseyaient les desservants.
Ne nous y trompons pas : la nudité et la simplicité de l'édifice ne rendent pas compte de ce qu'il était à l'époque, car il ne présentait certainement pas une telle austérité. Les colonnes, chapiteaux et voûtes étaient bien souvent peints de couleurs vives et les murs recouverts de fresques.
Ainsi en 1910 sous la voûte du chœur, fut dégagée, datant de la Renaissance, une fresque dite de l'apothéose de Saint Préjet, mais hélas, qui fut détruite lors du rejointoiement de l'intérieur de l'église.
Une autre œuvre a cependant été sauvée de la destruction et de l'oubli : un tableau "La présentation de Marie au Temple". L'œuvre est une huile datée de la seconde moitié du XIXème siècle, d'un auteur anonyme. La scène est tirée des apocryphes de Jacques le Mineur, un des rares textes qui parle de l'enfance de Marie.
Les reliques de Saint Préjet se trouvent toujours dans une chasse de l'église de Volvic. C'est de cette chasse que provient la vertèbre que l'abbé Jean Beaumel a ramenée chez nous en 1950. (Reliquaire dans la chapelle, côté Tarn)
En conclusion, laissons le mot de la fin à l'historienne et archéologue Anne Trémolet de Villers :
"Ce sanctuaire est à double titre l'un des plus beaux et des mieux conservés des édifices romans du Gévaudan !"
Grâce à l'opiniâtreté de l'association <<Les Amis de St. Préjet et Patrimoine des Vignes>> la toiture en lauzes calcaires qui menaçait ruine a pu être remplacé. Différentes restaurations intérieures ont également été menées à bien.
Pour l'Association des Amis de Saint Préjet et Patrimoine des Vignes
G.Costecalde.
The Parish Church of Saint-Préjet.
Its origin:
Anchored on the left bank of the Tarn, the church probably dates from the 11th century. Monasteries expanded and monks cleared many previously abandoned lands, thereby reviving parish communities whose standard of living improved and enabled them to contribute to the construction of churches. The church was attached to the Abbey of Saint-Victor in Marseille, like the neighboring Benedictine priory of Le Rozier, whose monks apparently built our church. In the following century it became the possession of the count‑bishop of Mende, the most powerful lord of the region.
Rules of construction:
The construction of a church obeys precise religious rules, but also local geographical constraints.
The dedication to a martyr of the faith:
The church is dedicated to a certain Prospectus, Préjet, who was born in Auvergne. He became bishop of Clermont in 665. He was noted for miracles and for founding monasteries and hospitals.
A victim of jealousy, the prelate was the target of a plot near Volvic. He was murdered in an abject manner, struck with swords and finished off by a blow that split his skull. As on the central stained‑glass window of our church, Saint Préjet is still represented with a split skull and bearing the sword and the palm of martyrs.
The construction:
The small monument, where space is lacking, was erected, like all churches, according to a very sober initial plan.
First, by orienting its main axis due east, the building turns toward Jerusalem.
It then represents, in plan, the crucified body of Christ: the head being the semicircular apse, the short bay of the choir the heart of Christ. Its arms are evoked by two chapels hollowed into the thickness of the wall on the Tarn side, which suggest a transept. The nave completes the evocation of the body but also represents the earthly world. The choir, from which the bell‑tower rises, recalls the ascent toward the divine realm. The church does not have a crypt recalling the malevolent forces of ancient pagan cults.
The monument is typical of early Romanesque art and is found identically at Le Rozier and in its surroundings, with some variations at the level of the apse. The two other lateral chapels, on the cemetery side, are additions from the mid‑19th century at the level of the third bay. The porch also dates from that period.
The region was rich in wood and feared fires: the church has no timber framing. A heavy roof of lauzes (local limestone slabs) covers the vault.
To compensate for its weight, very thick walls without windows were built, and by using supporting elements — pilasters, columns or piers — they are supported inside, while buttresses brace the building on the outside. As a result, the interior of the church is particularly dark.
The portal:
On the exterior west façade, it consists of a round arch supported by two columns bearing sculpted capitals.
Above, a Romanesque window is surrounded by small columns with capitals decorated with stars and a sawtooth motif. It houses a 19th‑century stained‑glass window depicting Saint Honoré.
The exterior of the apse:
It displays Lombard bands, a kind of linked circumflex‑shaped molding characteristic of early Romanesque art.
The grouped arches, arranged in fours, are supported by modillions (small corbels placed beneath the cornice) that are sculpted. Those of Saint‑Préjet depict human heads, an animal (a goat?), a small barrel, a pilgrim’s pouch and a rosette...
The bell‑gabled wall, with a single bay, rises from the choir following a model typical of Haute‑Auvergne and which, depending on the importance of the parish or the donor, may be pierced by four arcades (the “peigne” bell‑gabled wall of Notre‑Dame des Champs at Mostuéjouls). It is difficult to date, as it is often rebuilt.
The interior of the church:
The single nave of four bays is supported by large relieving arches vaulted in a barrel with a semicircular section, punctuated by transverse arches springing onto pilasters that separate the bays on the south side of the nave.
The interior apse is the most original part of the building. Semicircular in shape, it is covered by a cul‑de‑four vault resting directly on an arcade formed by a row of five round arches that festoon the base of the vault and are carried by Romanesque small columns set on a low bench. The capitals of these small columns are carved with interlaced leaves of Benedictine origin, the Rule of Saint Benedict specifying that human motifs would disturb the monks in their prayers!
The three windows that light the choir are adorned with stained glass of Saints Peter and Paul flanking that of Saint Préjet. In a dim building, they alone concentrate the divine light where the liturgy takes place.
Behind the former 19th‑century altar, the apse preserves, in an arc, the stone bench where the clergy used to sit.
Let us not be mistaken: the nakedness and simplicity of the building do not reflect what it was like in its time, for it was certainly not so austere. Columns, capitals and vaults were often painted in bright colors and the walls covered with frescoes.
Thus, in 1910 under the choir vault a Renaissance‑period fresco known as the Apotheosis of Saint Préjet was uncovered, but, sadly, it was destroyed during the repointing of the church interior.
Another work, however, was saved from destruction and oblivion: a painting entitled “The Presentation of Mary at the Temple.” The work is an oil dating from the second half of the 19th century by an anonymous artist. The scene is drawn from the apocrypha of James the Less, one of the rare texts that speaks of Mary’s childhood.
The relics of Saint Préjet are still kept in a reliquary in the church of Volvic. It is from that reliquary that Canon Jean Beaumel brought back a vertebra to us in 1950. (Reliquary in the chapel, Tarn side)
In conclusion, let us leave the final word to the historian and archaeologist Anne Trémolet de Villers:
“This sanctuary is, in two respects, one of the most beautiful and best preserved Romanesque buildings of Gévaudan!”
Thanks to the persistence of the association “Les Amis de St. Préjet et Patrimoine des Vignes,” the roof of local limestone lauzes, which threatened to collapse, was replaced. Various interior restorations have also been successfully carried out.
For the Association Les Amis de Saint Préjet et Patrimoine des Vignes
G. Costecalde
La iglesia parroquial de Saint‑Préjet.
Su origen:
Anclada en la orilla izquierda del Tarn, la iglesia data probablemente del siglo XI. Los monasterios se expandieron y los monjes despejaron muchas tierras hasta entonces abandonadas, reviviendo así las comunidades parroquiales cuyo nivel de vida mejoró y les permitió participar en la construcción de las iglesias. La iglesia estaba vinculada a la abadía de Saint‑Victor de Marsella, al igual que el priorato benedictino vecino de Le Rozier, cuyos monjes, al parecer, construyeron nuestra iglesia. En el siglo siguiente pasó a ser propiedad del conde‑obispo de Mende, el señor más poderoso de la región.
Reglas de construcción:
La construcción de una iglesia obedece a reglas religiosas precisas, pero también a las limitaciones geográficas locales.
La dedicación a un mártir de la fe:
La iglesia está dedicada a cierto Prospectus, Préjet, que nació en Auvernia. Se hizo obispo de Clermont en 665. Se destacó por milagros y por fundaciones de monasterios y hospitales.
Víctima de celos, el prelado fue objeto de una conspiración cerca de Volvic. Fue asesinado de manera abyecta, golpeado con espadas y rematado con un golpe que le partió el cráneo. Como se ve en la vidriera central de nuestra iglesia, San‑Préjet sigue representado con el cráneo partido y portando la espada y la palma de los mártires.
La construcción:
El monumento de pequeño tamaño, con espacio limitado, se erigió, como todas las iglesias, según un plano inicial muy sobrio.
Primero, orientando su eje principal hacia el Este pleno, el edificio se vuelve hacia Jerusalén.
Representa a continuación, en planta, el cuerpo crucificado de Cristo: la cabeza es el ábside semicircular, la corta travesía del coro el corazón de Cristo. Sus brazos están evocados por dos capillas excavadas en el espesor del muro, lado Tarn, que insinúan un transepto. La nave completa la evocación del cuerpo pero también representa el mundo terrestre. El coro, del que se eleva el campanario, recuerda la elevación hacia el mundo divino. La iglesia no posee una cripta que evoque las fuerzas maléficas de los antiguos cultos paganos.
El monumento es típico del primer románico y se encuentra idéntico en Le Rozier y sus alrededores, con algunas variantes a nivel del ábside. Las otras dos capillas laterales, lado cementerio, son añadidos de mediados del siglo XIX, a la altura de la tercera travesía. El pórtico también data de esa época.
La comarca era rica en madera y temía los incendios: la iglesia no tiene estructura de madera. Un pesado tejado de lauzes (losas calcáreas locales) cubre la bóveda.
Para compensar su peso, se erigieron muros muy gruesos, sin ventanas, y mediante el empleo de elementos de soporte —pilastras, columnas o pilares— se sostienen en el interior, mientras que contrafuertes apuntalan el edificio en el exterior. El interior de la iglesia es, por tanto, particularmente oscuro.
El portal:
En el exterior, fachada oeste, está constituido por un arco de medio punto sostenido por dos columnas con capiteles esculpidos.
Encima, una ventana o vano románico está rodeado de columnillas con capiteles que presentan estrellas y dientes de sierra. Alberga una vidriera del siglo XIX que representa a San Honoré.
El ábside en el exterior:
Presenta bandas lombardas, una especie de acentos circunflejos que se enlazan unos con otros, características del primer románico.
Los arcos agrupados de cuatro en cuatro están sustentados por modillones (pequeños soportes colocados bajo la cornisa) esculpidos. Los de Saint‑Préjet representan cabezas de hombres, de un animal (¿una cabra?), un tonelito, una bolsita de peregrino y una roseta...
El campanario‑muro, de una sola abertura, se alza desde el coro siguiendo un modelo típico de la Haute‑Auvergne y que, según la importancia de la parroquia o del donante, puede estar perforado por cuatro arcadas (campanario‑peine de Notre‑Dame des Champs en Mostuéjouls). Es difícil de fechar, ya que a menudo ha sido reconstruido.
El interior de la iglesia:
La nave única de cuatro tramos está sostenida por grandes arcos de descarga abovedados en un berceau de medio punto, rítmicos por arcos fajones que descansan sobre pilastras que separan los tramos al sur de la nave.
El ábside interior es la parte más original del edificio. De forma semicircular, está cubierto por un cul‑de‑four que reposa directamente sobre una arcatura formada por una hilera de cinco arcos de medio punto que festonean la base de la bóveda y son sostenidos por columnillas románicas, colocadas sobre un banco. Los capiteles de las columnillas están esculpidos con hojas entrelazadas de origen benedictino, ¡la regla de San Benito precisando que los motivos humanos perturbarían a los monjes en sus oraciones!
Los tres vanos que iluminan el coro están adornados con vitrales de los santos Pedro y Pablo flanqueando el de San‑Préjet. En un edificio sombrío, concentran por sí solos la luz divina donde se celebra el culto.
Detrás del antiguo altar del siglo XIX, el ábside conserva, en arco, el banco de piedra donde se sentaban los clérigos.
No nos engañemos: la desnudez y la sencillez del edificio no reflejan lo que fue en su época, pues ciertamente no presentaba tal austeridad. Las columnas, capiteles y bóvedas solían estar pintados con colores vivos y los muros recubiertos de frescos.
Así, en 1910 bajo la bóveda del coro se puso al descubierto, datando de la Renaissance, un fresco llamado la apoteosis de San‑Préjet, pero, lamentablemente, fue destruido durante el rejuntado del interior de la iglesia.
Sin embargo, otra obra fue salvada de la destrucción y del olvido: un cuadro "La presentación de María en el Templo". La obra es un óleo fechado en la segunda mitad del siglo XIX, de autor anónimo. La escena está tomada de los apócrifos de Santiago el Menor, uno de los pocos textos que habla de la infancia de María.
Las reliquias de San‑Préjet se encuentran todavía en una urna en la iglesia de Volvic. Es de esa urna que el abad Jean Beaumel trajo una vértebra a nuestra iglesia en 1950. (Relicario en la capilla, lado Tarn)
En conclusión, dejemos la última palabra a la historiadora y arqueóloga Anne Trémolet de Villers:
"¡Este santuario es, en dos sentidos, uno de los más bellos y mejor conservados de los edificios románicos del Gévaudan!"
Gracias a la persistencia de la asociación «Les Amis de St. Préjet et Patrimoine des Vignes», la cubierta de lauzes calcáreas que amenazaba ruina pudo ser reemplazada. También se han llevado a cabo diversas restauraciones interiores con éxito.
Para la Asociación Les Amis de Saint‑Préjet et Patrimoine des Vignes
G. Costecalde
Die Pfarrkirche von Saint‑Préjet.
Ihr Ursprung:
An der linken Uferseite der Tarn verankert, stammt die Kirche wahrscheinlich aus dem 11. Jahrhundert. Klöster breiteten sich aus und Mönche rodeten viele zuvor brachliegende Flächen, wodurch Pfarrgemeinden wieder belebt wurden, deren Lebensstandard stieg und die dadurch an Kirchenbauten teilnehmen konnten. Die Kirche war der Abtei Saint‑Victor in Marseille angegliedert, wie auch das benediktinische Priorat in der Nähe von Le Rozier, dessen Mönche offenbar unsere Kirche errichtet haben. Im folgenden Jahrhundert wurde sie zum Besitz des Graf‑Bischofs von Mende, des mächtigsten Herren der Region.
Bauvorschriften:
Der Bau einer Kirche gehorcht präzisen religiösen Regeln, steht aber auch unter lokalen geographischen Zwängen.
Die Weihe an einen Märtyrer des Glaubens:
Die Kirche ist einem bestimmten Prospectus, Préjet, geweiht, der in der Auvergne geboren wurde. Er wurde 665 Bischof von Clermont. Er zeichnete sich durch Wunder und durch die Gründung von Klöstern und Hospitälern aus.
Opfer von Eifersucht wurde der Prälat in der Nähe von Volvic Opfer einer Verschwörung. Er wurde auf abscheuliche Weise ermordet, mit Schwertern geschlagen und durch einen Schlag, der seinen Schädel spaltete, getötet. Wie im mittleren Kirchenfenster unserer Kirche dargestellt, wird St‑Préjet stets mit gespaltenem Schädel sowie mit Schwert und der Märtyrerpalme gezeigt.
Der Bau:
Das kleine, platzknappe Bauwerk wurde, wie alle Kirchen, nach einem sehr schlichten Grundplan errichtet.
Zunächst wendet sich das Bauwerk durch die Ausrichtung seiner Hauptachse ganz nach Osten Jerusalem zu.
Im Grundriss stellt es dann den gekreuzigten Leib Christi dar: der Kopf ist die halbrunde Apsis, das kurze Chorjoch das Herz Christi. Seine Arme werden durch zwei Kapellen angedeutet, die in der Mauerstärke zur Tarnseite hin ausgehöhlt sind und einen Umgangstranssept andeuten. Das Langhaus vollendet die Darstellung des Leibes, repräsentiert zugleich aber auch die irdische Welt. Der Chor, aus dem der Turm emporragt, erinnert an die Erhebung zur göttlichen Sphäre. Die Kirche besitzt keine Krypta, die an die bösartigen Kräfte alter heidnischer Kulte erinnern würde.
Das Bauwerk ist typisch für die frühe romanische Kunst und findet sich in identischer Form in Le Rozier und seiner Umgebung, mit einigen Varianten an der Apsis. Die beiden weiteren Seitenkapellen auf der Friedhofsseite sind Zubauten aus der Mitte des 19. Jahrhunderts auf Höhe des dritten Jochs. Der Vorbau datiert ebenfalls aus dieser Zeit.
Die Gegend war reich an Holz und fürchtete Brände: die Kirche besitzt keinen Dachstuhl aus Holz. Ein schweres Dach aus Lauze (örtliche Kalksteinplatten) bedeckt das Gewölbe.
Um sein Gewicht auszugleichen, wurden sehr dicke, fensterlose Mauern errichtet und im Inneren durch tragende Elemente — Pilaster, Säulen oder Pfeiler — gestützt, während außen Strebepfeiler das Gebäude abstützen. Daher ist das Innere der Kirche besonders dunkel.
Das Portal:
An der Außenseite, Westfassade, besteht es aus einem Rundbogen, der von zwei Säulen mit skulptierten Kapitellen getragen wird.
Darüber ist ein romanisches Fenster von Säulchen mit Kapitellen umgeben, die Sterne und Sägezahnornamente zeigen. Es birgt ein Glasfenster aus dem 19. Jahrhundert, das den heiligen Honoré darstellt.
Die Apsis von außen:
Sie zeigt lombardische Bänder, eine Art aneinandergereihter Zirkumflex‑Formen, charakteristisch für die frühe romanische Kunst.
Die in Vierergruppen zusammengefassten Bögen werden von modillions (kleine Konsolen unter der Gesims) getragen, die skulptiert sind. Die von Saint‑Préjet zeigen Menschenköpfe, ein Tier (eine Ziege?), ein kleines Fass, eine Pilgertasche und eine Rosette...
Der Glockengiebel mit einer Öffnung erhebt sich über dem Chor nach einem in der Haute‑Auvergne typischen Modell, das je nach Bedeutung der Pfarrei oder des Stifters mit vier Arkaden durchbrochen sein kann (Glockengiebel‑„Kamm“ von Notre‑Dame des Champs in Mostuéjouls). Er ist schwer zu datieren, da er oft wiederaufgebaut wurde.
Das Innere der Kirche:
Das einschiffige Langhaus mit vier Jochten wird von großen, lastabtragenden Bögen getragen, die in einem rundbogigen Tonnengewölbe gedeckt sind und durch Querbögen rhythmisert werden, die auf Pilastern aufsetzen und die Joche an der Südseite des Langhauses trennen.
Die innere Apsis ist der originellste Teil des Gebäudes. Halbkreisförmig, ist sie von einem Kuppelgewölbe (cul‑de‑four) gedeckt, das direkt auf einer Arkatur ruht, gebildet aus einer Reihe von fünf Rundbögen, die die Basis des Gewölbes säumen und von romanischen Säulchen getragen werden, die auf einem Sockel sitzen. Die Kapitelle der Säulchen sind mit ineinandergreifenden Blättern benediktinischer Herkunft gemeißelt, die Regel des heiligen Benedikt nämlich schreibt vor, dass menschliche Motive die Mönche in ihrem Gebet stören würden!
Die drei Fenster, die den Chor erhellen, sind mit Glasbildern der Heiligen Petrus und Paulus geschmückt, die das Fenster des Heiligen Préjet flankieren. In einem dunklen Bau konzentrieren sie allein das göttliche Licht dorthin, wo der Gottesdienst stattfindet.
Hinter dem ehemaligen Altar des 19. Jahrhunderts bewahrt die Apsis bogenförmig die Steinbank, auf der die Bediensteten saßen.
Täuschen wir uns nicht: die Nacktheit und Schlichtheit des Gebäudes geben nicht wieder, wie es einst war, denn es war sicherlich nicht derart streng. Säulen, Kapitelle und Gewölbe waren oft in leuchtenden Farben bemalt und die Wände mit Fresken bedeckt.
So wurde 1910 unter dem Chorgewölbe ein Fresko aus der Renaissance‑Zeit freigelegt, die sogenannte Apotheose des heiligen Préjet, das leider bei der Neuverfugung des Kircheninneren zerstört wurde.
Ein anderes Werk jedoch wurde vor Zerstörung und Vergessen bewahrt: ein Gemälde mit dem Titel „Die Darstellung Marias im Tempel“. Das Werk ist ein Ölbild aus der zweiten Hälfte des 19. Jahrhunderts von einem anonymen Maler. Die Szene entstammt den Apokryphen des Jakobus des Älteren, einem der wenigen Texte, der von der Kindheit Marias berichtet.
Die Reliquien des heiligen Préjet befinden sich noch in einer Schatulle in der Kirche von Volvic. Aus jener Schatulle brachte Pfarrer Jean Beaumel 1950 eine Wirbelknochen zu uns zurück. (Reliquiar in der Kapelle, Tarn‑Seite)
Abschließend überlassen wir das Schlusswort der Historikerin und Archäologin Anne Trémolet de Villers:
„Dieses Heiligtum ist in zweifacher Hinsicht eines der schönsten und am besten erhaltenen romanischen Gebäude des Gévaudan!“
Dank der Beharrlichkeit der Vereinigung «Les Amis de St. Préjet et Patrimoine des Vignes» konnte das einst einsturzgefährdete Dach aus örtlichen Kalkstein‑Lauzeplatten erneuert werden. Verschiedene Innenrestaurierungen wurden ebenfalls erfolgreich durchgeführt.
Für den Verein Les Amis de Saint‑Préjet et Patrimoine des Vignes
G. Costecalde
De parochiekerk van Saint‑Préjet.
Haar oorsprong:
Verankerd aan de linkeroever van de Tarn, dateert de kerk waarschijnlijk uit de 11e eeuw. Kloosters breidden zich uit en monniken ontgonnen vele tot dan toe verlaten gronden, waardoor parochiegemeenschappen nieuw leven werden ingeblazen; hun levensstandaard verbeterde en maakte het mogelijk bij te dragen aan de bouw van kerken. De kerk was verbonden aan de abdij Saint‑Victor in Marseille, evenals het nabijgelegen benedictijnenprioraat van Le Rozier, wiens monniken naar verluidt onze kerk hebben gebouwd. In de volgende eeuw werd zij bezit van de graaf‑bisschop van Mende, de machtigste heer van de streek.
Bouwregels:
De bouw van een kerk volgt nauwkeurige religieuze regels, maar ook lokale geografische beperkingen.
De wijding aan een martelaar van het geloof:
De kerk is gewijd aan een zekere Prospectus, Préjet, die in Auvergne werd geboren. Hij werd in 665 bisschop van Clermont. Hij stond bekend om wonderen en om stichtingen van kloosters en ziekenhuizen.
Het slachtoffer van jaloersheid, de prelaat, was het doel van een samenzwering in de buurt van Volvic. Hij werd op gruwelijke wijze vermoord: met zwaarden geslagen en gedood door een klap die zijn schedel spleet. Zoals op het middelste glas-in-loodraam van onze kerk is afgebeeld, wordt Sint‑Préjet nog steeds voorgesteld met een gespleten schedel en met het zwaard en de palm van de martelaren.
De constructie:
Het kleine monument, waar ruimte schaars is, werd opgericht, zoals alle kerken, volgens een zeer sobere aanvankelijke plattegrond.
Allereerst richt het gebouw, door zijn hoofdas volledig naar het oosten te oriënteren, zich naar Jeruzalem.
In plattegrond stelt het vervolgens het gekruisigde lichaam van Christus voor: het hoofd is de halfronde absis, het korte koorvak het hart van Christus. Zijn armen worden gesuggereerd door twee kapellen die in de dikte van de muur aan de Tarn‑zijde zijn uitgewerkt en een transept aangeven. Het schip voltooit de voorstelling van het lichaam maar vertegenwoordigt ook de aardse wereld. Het koor, van waaruit de toren oprijst, herinnert aan de verheffing naar het goddelijke rijk. De kerk bezit geen crypte die zou herinneren aan de kwaadaardige krachten van oude heidense culten.
Het monument is typisch voor de vroege romaanse kunst en komt identiek voor in Le Rozier en de omgeving, met enkele varianten aan de absis. De twee andere zijkapellen, aan de kerkhofzijde, zijn toevoegingen uit het midden van de 19e eeuw op het niveau van het derde koorvak. Ook het portaal dateert uit die tijd.
De streek was rijk aan hout en vreesde branden: de kerk heeft geen houtskelet. Een zwaar dak van lauzes (lokale kalksteenplaten) bedekt het gewelf.
Om het gewicht te compenseren werden zeer dikke, vensterloze muren opgetrokken en werden binnenshuis ondersteunende elementen — pilasters, zuilen of pijlers — toegepast, terwijl steunberen het gebouw van buitenaf afsteunen. Het interieur van de kerk is daardoor bijzonder donker.
Het portaal:
Aan de buitenzijde, westgevel, bestaat het uit een rondboog gedragen door twee zuilen met gebeeldhouwde kapitelen.
Daarboven is een romaanse vensterschuif omlijst met zuiltjes met kapitelen die sterren en zaagtandmotieven tonen. Het herbergt een 19e‑eeuws glas-in-loodraam met Sint‑Honoré.
De absis van buitenaf:
Ze vertoont Lombardische banden, een soort aaneengeregen dakje- of cirkumflexvormige motieven die kenmerkend zijn voor de vroege romaanse kunst.
De in groepen van vier gegroepeerde bogen worden gedragen door modillions (kleine consoles geplaatst onder de kroonlijst) die gebeeldhouwd zijn. Die van Saint‑Préjet beelden mannenhoofden af, een dier (een geit?), een tonnetje, een aalmoesbuidel en een rozet...
De klokgevel met één opening rijst op boven het koor volgens een model dat typisch is voor de Haute‑Auvergne en dat, afhankelijk van het belang van de parochie of de schenker, door vier arcaden kan worden geopend (de “peigne” klokgevel van Notre‑Dame des Champs in Mostuéjouls). Hij is moeilijk te dateren, omdat hij vaak is herbouwd.
Het interieur van de kerk:
Het eenbeukige schip van vier traveeën wordt gedragen door grote lastafdrachtebogen, overkapt met een tongewelf met rondboogprofiel, geritmeerd door rondboogvormige travee- of doorvoerbogen die op pilasters rusten en de traveeën aan de zuidzijde van het schip scheiden.
De binnen‑absis is het meest originele deel van het gebouw. Halfrond van vorm, is zij gedekt door een cul‑de‑four die direct rust op een arcatuur gevormd door een rij van vijf rondbogen die de basis van het gewelf omlijsten en worden gedragen door romaanse zuiltjes geplaatst op een lage borstwering. De kapitelen van deze zuiltjes zijn gebeeldhouwd met in elkaar grijpende bladeren van benediktijnse oorsprong; de regel van Sint‑Benedictus bepaalt immers dat menselijke motieven de monniken in hun gebed zouden storen!
De drie vensters die het koor verlichten, zijn versierd met glas-in-loodramen van de heiligen Petrus en Paulus die dat van Sint‑Préjet flankeren. In een schemerig gebouw concentreren zij alleen het goddelijke licht op de plaats waar de eredienst plaatsvindt.
Achter het voormalige 19e‑eeuwse altaar bewaart de absis, in boogvorm, de stenen bank waar de bedienaren zaten.
Laten we ons niet vergissen: de naaktheid en eenvoud van het gebouw geven niet weer hoe het ooit was, want het was zeker niet zo streng. De zuilen, kapitelen en gewelven waren vaak in felle kleuren geschilderd en de muren bedekt met fresco’s.
Zo werd in 1910 onder het koorgewelf een fresco uit de Renaissanceperiode blootgelegd, de zogenaamde apotheose van Sint‑Préjet, die helaas werd vernietigd tijdens het opnieuw voegen van het kerkinterieur.
Een ander werk werd echter gered van vernietiging en vergetelheid: een schilderij “De aanbieding van Maria in de Tempel.” Het werk is een olieverfschildering gedateerd in de tweede helft van de 19e eeuw, van een anonieme auteur. De scène is ontleend aan de apocriefen van Jacobus de Minder, een van de weinige teksten die spreken over de jeugd van Maria.
De relieken van Sint‑Préjet bevinden zich nog altijd in een schrijn in de kerk van Volvic. Het is uit die schrijn dat pastoor Jean Beaumel in 1950 een wervel naar ons heeft gebracht. (Reliekhouder in de kapel, Tarn‑zijde)
Tot slot laten we het slotwoord over aan de historica en archeologe Anne Trémolet de Villers:
“Dit heiligdom is in dubbel opzicht een van de mooiste en best bewaarde romaanse gebouwen van het Gévaudan!”
Dankzij de volharding van de vereniging «Les Amis de St. Préjet et Patrimoine des Vignes» kon het dak van lokale kalkstenen lauzeplaten, dat dreigde in te storten, worden vervangen. Ook verschillende binnenrestauraties zijn met succes uitgevoerd.
Voor de Vereniging Les Amis de Saint‑Préjet et Patrimoine des Vignes
G. Costecalde